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LA FACILITATION GRAPHIQUE ET L'ENTREPRENEURIAT

Cet article revient sur des travaux que j'ai réalisés en utilisant la facilitation graphique dans le monde de l'entrepreneuriat. Il s'inscrit dans une série de posts retraçant les différentes thématiques que j'ai pu aborder en dessins. L'ensemble des thèmes est disponible ici et ils seront développés au rythme d'un article par semaine, tous les lundis de ce début 2019.

☕️ Attention, cet article est long (et encore j'ai fait une sélection). J'aime bien bavarder, prenez donc un thé !

On va parler ici d'entrepreneuriat vs salariat, d'échec entrepreneurial et de l'art et la manière d'entreprendre : l'effectuation, c'est parti !

L'entrepreneuriat, un nouvel Eldorado

J'ai eu le plaisir de mettre en dessins plusieurs sessions du Mash Up Nantes dont celle intitulée "être salarié, ça fait toujours rêver ?" avec Johann Ouaki, CEO de SOTØ, Hind Elidrissi, CEO de Wemind et Yoann Lopez, Head of Community & CMO chez Comet.

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On y évoquait le besoin de liberté, d'autonomie et la recherche de sens et de valeurs qui se font de plus en plus prégnants dans la société aujourd'hui. C'est dans ce contexte que l'entrepreneuriat trouve un terreau fertile pour se développer même s'il peut parfois sembler davantage rimer avec précarité et insécurité qu'avec cette liberté tant convoitée. Rien de très rassurant en somme, ce qui peut donc nous conditionner à nous diriger, de manière plus ou moins consciente, vers la voie en apparence plus tranquille du salariat. Même pour les plus audacieux d'entre nous, on peut vite déchanter en passant du victorieux "plus de patron !" à l'angoissant "plein de patrons !". Oui, parce que même si le "patron" officiel n'existe plus, les "patrons" officieux, sous forme de clients, peuvent vite prendre le relai, même si la relation n'est pas tout à fait la même.

Pour contrebalancer ces aspects peu réjouissants, les différentes intervenants de la table ronde du Mash Up Nantes proposent de donner la voix aux indépendants de plusieurs façons : avec des outils, une communauté et un accès aux droits (les mêmes que ceux des salariés). Toutes les solutions proposées, aussi pertinentes soient-elles, ne pourront se faire que si un changement culturel de fond s'opère avec une réelle raison d'être des organisations où salariés et indépendants pourront trouver leur place. Ces mutations s'appuieront peut-être sur la génération Y, parfois aussi baptisée génération de slashers, à voir si ces expressions sont à la mode ou s'il s'agit d'un vrai phénomène générationnel.

Attention toutefois à ne pas croire que l'entrepreneuriat est une solution miracle : non seulement il ne convient pas forcément à tout le monde mais il peut aussi ne convenir à une personne qu'à un certain moment de sa vie. Enfin, derrière le mot entrepreneuriat, on peut mettre plusieurs réalités très éloignées comme celles véhiculées par des modèles comme uber ou comme les coopératives mais est-ce vraiment de l'entrepreneuriat au sens propre ? À méditer.

Si vous préférez m'écouter faire un résumé assez proche, je vous laisse regarder la fin de cette vidéo (et si vous souhaitez écouter toute la table ronde, libre à vous de visionner la vidéo en entier) :

L'échec entrepreneurial, une réussite

Une autre session du Mash Up Nantes est venue illustrer un aspect parfois tabou de l'entrepreneuriat : celui de l'échec entrepreneurial avec une soirée intitulée "tout le monde n'a pas la chance de planter sa boîte" en compagnie de Sylvain Tillon, co-fondateur de Tilkee, Carole Juge, CEO de JOONE, Alban Masse, Directeur Général du Fondant Baulois et Rodolphe Guilbaud, psychologue du sport.

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Il n'existe pas d'école pour monter sa boîte et encore moins pour la planter. Rien de très étonnant a priori dans ce dernier constat mais il se pourrait bien que le fait de planter sa boite soit une des meilleures écoles (après coup). Ce côté formateur de l'échec entrepreneurial peut aussi bien avoir des répercussions pour les entrepreneurs, les intrapreneurs comme pour les salariés et stagiaires de l'entreprise ayant échoué. Bref, l'échec, c'est bénéfique ! Car s'il est difficile d'expliquer un succès qui peut dépendre d'énormément d'éléments, l'échec peut apporter avec lui une multitude d'enseignements dont l'opportunité d'apprendre, de se remettre en question et in fine d'aboutir à une meilleure connaissance de soi.

Malgré tout cela, l'échec est loin d'avoir le vent en poupe en France, dans la société de la performance. Ses bénéfices y sont très souvent balayés avec des sanctions et la charmante étiquette de "looser". Comment s'en sortir malgré cela ? Tout simplement en étant bienveillant envers soi-même et en ne laissant pas cet échec nous définir mais en ne le prenant que pour ce qu'il est, une expérience. Et parce que l'entrepreneur n'est pas un "looser" mais pas non plus un "warrior", il peut aussi avec besoin de se faire accompagner pour mieux rebondir. Échouer, c'est se prendre des coups mais ça a souvent plus de saveur qu'un chemin sans embûche.

Enfin, après avoir fait l'éloge de l'échec, revenons quand même sur quelques incontournables pour ne pas planter sa boîte (tant qu'à faire). Tout d'abord, un rappel qui est loin d'être anodin : une idée ne vaut rien, c'est l'exécution qui est la clé. Il est donc nécessaire de se concentrer sur son produit et sa croissance, ce qui signifie également d'arrêter les dossiers et autres gouffres administratifs. Au final, il n'y a qu'une seule solution viable : les utilisateurs doivent littéralement être amoureux de votre produit (et pas juste le trouver "sympa"). Et pour construire un produit absolument extraordinaire, attention à ne pas vous disperser en lançant tout en même temps, plusieurs produits, plusieurs marchés voire les deux à la fois.

Maintenant que vous savez tout, à vous de jouer (et de vous planter ?) !

Encore une fois, si vous préférez m'écouter faire un résumé assez proche, je vous laisse regarder la fin de cette vidéo (et si vous souhaitez écouter toute la table ronde, libre à vous de visionner la vidéo en entier) :

L'effectuation, la théorisation de l'entrepreneuriat

Vous savez qu'on a essayé de théoriser et de modéliser ce qu'il se cache derrière l'entrepreneuriat ? C'est ce que j'ai découvert début 2014 avec le MOOC sur l'effectuation proposé par Philippe Silberzahn de l'EM Lyon que j'ai pris en notes en dessins. Ces planches commencent à dater et mon style a évolué depuis mais elles sont toujours riches en enseignements. Vous pouvez les retrouver en intégralité ici mais j'ai choisi de me concentrer dans cet article sur deux volets : les 5 mythes sur l'entrepreneuriat et les 4 commandements de l'entrepreneur.

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Revenons donc sur les 5 mythes de l'entrepreneuriat :

  • L'entrepreneur aime le risque : FAUX ! Il veut contrôler le risque.
  • Il faut une grande idée : FAUX ! La vision est le résultat d'un processus. Bref, pas de sacro-sainte vision prophétique de l'entrepreneur. 
  • L'entrepreneur est un expert en prévision : FAUX ! La meilleure façon de prédire l'avenir, c'est de le créer. 
  • L'entrepreneur est un super héro : FAUX ! Tout le monde peut être entrepreneur.
  • L'entrepreneur réussit seul : FAUX ! L'entrepreneuriat est un travail d'équipe. 
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Enfin, amen aux 4 commandements de l'entrepreneur :

  • Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras : les ressources (qui je suis, ce que je connais, qui je connais) définissent les objectifs.
  • La perte acceptable : ne pas raisonner en termes d'estimation des coûts mais imaginer un futur revenu.
  • Le patchwork fou : savoir s'entourer pour avancer. 
  • La limonade : tirer parti des surprises (qu'elles soient bonnes ou mauvaises).

Encore un peu d'entrepreneuriat ?

Vous avez lu jusqu'ici ? Bravo à vous ! Vous en voulez encore ? Quels insatiables vous faites ! Allez, je suis sympa, en bonus voici quelques travaux d'archive (soyez indulgents, je me "faisais la main") :

En septembre 2013, je me lançais dans le grand bain de la facilitation graphique (pas si grand que ça à l'époque d'ailleurs) et en février 2014, TheFamily, une "famille pour entrepreneurs" (ne pas dire incubateur au risque de représailles), dont je suivais les événements lance la première promo de Koudetat, une formation de 5 mois à l'entrepreneuriat, tous les samedi dans leurs locaux à Paris. Cherchant à favoriser l'entrepreneuriat féminin, TheFamily lance un concours sur Twitter afin de faire gagner une place à la formation (à une femme, évidemment). Je remporte le concours #Boobstrap et par la même occasion ma place à Koudetat (le tweet qui m'a permis d'y accéder, en lien avec l'illustration ci-dessous). J'en profite donc à l'époque pour partager quelques unes de mes notes dessinées sur un blog du même nom que le concours (malheureusement l'intégration des tweets ne semble plus rendre visibles les images sur Tumblr donc il faut cliquer sur les liens pour accéder à mes notes prises en photo). Je suis alors encore très fidèle au texte et je m'attache à illustrer quelques phrases clés mais j'affectionne ce "carnet de bord" qui m'a suivie pendant plusieurs mois :).

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